Bolivie - le voyage autrement depuis 1984

 

Alcide Dessalines d'Orbigny (1802-1857) ; Voyage dans l'Amérique méridionale ; lithographie de l'explorateur (Muséum d'Histoire Naturelle de La Rochelle)

Alcide Dessalines d'Orbigny (1802-1857)
Voyage dans l'Amérique méridionale

Le Français le plus illustre de Bolivie

Dans la lignée de Humboldt et de Darwin, le naturaliste français Alcide d’Orbigny (1802-1857), à peine âgé de vingt-quatre ans, entreprend un long voyage d'étude à travers l’Amérique du Sud pour le compte du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris à partir de 1826. Découvrant la Bolivie en 1830 il est subjugué et décidera d’y séjourner trois années entières, de 1830 à 1833, pour finalement la situer au cœur de son travail de recherche.

De retour en France il lui faudra plus de dix ans pour publier son ouvrage Voyage dans l’Amérique méridionale – travail encyclopédique en onze tomes que Darwin lui-même qualifiera de véritable “monument de la science du XIXème siècle”. En effet la moisson scientifique de d'Orbigny est impressionnante, touche à de nombreux domaines tels que la botanique, zoologie, géographie, géologie, ethnographie… et pose les bases de la connaissance raisonnée du pays aux premiers temps de son indépendance (1825). Homme de terrain infatigable et tenace, il s'intéresse à tout et s'engage aussi pour la cause indigène.

Si la France a quelque peu oublié ce grand explorateur héritier du siècle des Lumières, sa figure est encore très présente en Bolivie (parmi ses nombreuses publications les Boliviens retiennent notamment sa Descripción geográfica, histórica y estadística de Bolivia publiée en 1845) et le lycée français de La Paz lui rend hommage en portant son nom.

Alors que Humboldt et Bonpland avaient choisi de faire route vers le Nord, d’Orbigny choisit de se diriger au Sud, devançant Darwin sur certains sites. Outre son colossal compte rendu de voyage en onze volumes, il laisse au Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris une collection de plus de 100 000 fossiles et spécimens de flore et de faune bolivienne*. Cet ensemble reste aujourd’hui encore une référence internationale, consultée par des chercheurs du monde entier. Pourtant peu connu du grand public c'est lui qui pose les fondements de la micropaléontologie (travaux sur les Foraminifères en particulier), et c'est en 1853 que la chaire de paléontologie du MNHN sera créée à son intention par un décret de Napoléon III.

(*) y compris "près de 160 mammifères, 860 oiseaux, 115 reptiles, 166 poissons, 980 mollusques et zoophytes, 5 000 insectes et crustacés et 3 000 plantes, ainsi qu’un riche trésor de matériaux pour la géologie, la paléontologie et l’ethnographie" comme l'écrit Pierre Larousse en 1875 dans le Grand dictionnaire universel du XIXe siècle.

page de garde du troisième volume de 'Voyage dans l'Amérique méridionale' (source: CDI du Lycée Franco-Bolivien 'Alcide d'Orbigny' à La Paz, Bolivie)

“LA BOLIVIE EST LA SYNTHÈSE DE L'UNIVERS”
affirmait déjà Alcide d’Orbigny.

 

Cliquez ici pour ouvrir la fenêtreUn extrait du Voyage dans l’Amérique méridionale

Yuracarès [aujourd'hui la région du Chapare], 4-7 juin 1832

[...] Très-près de là je trouvai le Rio San-Mateo, qui roulait avec fracas en écumant ses eaux limpides sur un lit de cailloux. Après une lieue dans la forêt je pris la plage même, où j’eus le plus beau coup d’œil possible. En face, à l’ouest, s’élève l’extrémité de la fameuse chaîne de Yanacaca. Elle s’étend au loin, en montrant ses pentes abruptes couvertes de bois, au pied desquelles coule violemment le Rio San-Mateo, qui bientôt se divise en deux torrens, dont l’un, à l’ouest, descend en mugissant de rocher en rocher, sous le nom de Rio Iterama ou Paracti, tandis que l’autre conserve la dénomination de Rio San-Mateo.

Je contemplais long-temps le magnifique spectacle qui s’offrait alors à mes regards. Partout de fougueux torrens blanchissant d’écume, séparés par des montagnes boisées, qui s’élèvent par gradins, en montrant leurs crêtes aigües. C’est peut-être le point le plus pittoresque et le plus sauvage que j’aie jamais vu. Suivant la plage de la rive droite, je traversai le petit torrent de Machia […].

[...] Je descendis plus loin, vers le San-Mateo qu'il s'agissait de traverser. Les mugissements de l'onde me firent croire un instant la chose impossible, mais j'entrevis bientôt deux troncs d'arbres jetés sur deux gros rochers, qui servaient de pont aux voyageurs. C'est là que, marchant sur l'un et s'appuyant sur l'autre les muletiers passent les charges sur leur dos, sans se préoccuper du bruit des eaux, qui les engloutiraient s'ils venaient à perdre l'équilibre.

Comme il fallait s'arrêter pour décharger les bêtes de somme, j'en profitai pour dessiner ce passage, qui avait quelque chose d'imposant (vue nº 18). On voyait, en effet, le San-Mateo tomber de rochers en rochers. La vue s'élançait-elle en suivant les détours de ces fentes abruptes? on apercevait, au loin, les sommets neigeux où ce torrent reçoit ses premières eaux; et de chaque côté des montagnes des plus escarpées, couvertes, parmis les rochers, de la plus belle végétation.

(orthographe d'origine)

Dessin de d'Orbigny : vue du Chapare

Retrouvez la région du Chapare, le río San Mateo et le petit torrent de Machia décrits par d'Orbigny aux abords du Refuge 'El Puente'.

Laissez-vous porter par l'enthousiasme et l'excitation de la découverte, comme nous-mêmes le faisons chaque jour depuis 1984. Venez découvrir l'Amérique avec nous.

Partez avec nous sur les traces d'Alcide d'Orbigny
— le Français le plus illustre de Bolivie.

Quelques mots su Alcide d'Orbigny

Cliquez ici pour ouvrir la fenêtreLe voyage d'Alcide d'Orbigny

Été 1826 : Départ de Brest (France)

1826-1830 : Navigation et escales autour de l’Amérique méridionale : Brésil, Argentine, Paraguay, Chili, Pérou.

1830 : Entrée en Bolivie après avoir fait escales à Cobija, Arica et Tacna (avril-mai). Provinces de La Paz (juin), Yungas (juillet-septembre), Sicasica et Ayopaya (septembre), Cochabamba (septembre-octobre), Cliza, Mizque, Valle Grande (octobre-novembre), Santa Cruz de la Sierra (décembre).

1831 : Année d’exploration des provinces de Santa Cruz, Chiquitos et missions jésuites.

1832 : Provinces de Moxos (janvier-mars), exploration des rivières Itenez/Guaporé et Mamoré (mars-mai), traversée du Chapare vers Cochabamba (mai-juin) puis retour à Moxos (juillet-août) et à Santa Cruz (août-novembre). Provinces de Valle Grande, Tomina, Yamparaes, Chuquisaca (aujourd’hui Sucre) (novembre-décembre).

1833 : Province de Chuquisaca (Sucre) jusqu’en mars, Potosí (mars), Oruro et Carangas (avril), La Paz et lac Titicaca (mai-juin), Arica et Lima (juin). Départ de Lima pour la France via Valparaiso et le Cap Horn (doublé le 19 novembre 1833).

1834 : Arrivée à Bordeaux (France) le 24 janvier.

une des planches de d'Orbigny consacrée aux palmiers de Bolivie              costumes boliviens

 

'fiesta de carnaval à potosí'

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